Je vais aujourd’hui vous parler d’un sujet qu’il n’est pas facile d’aborder.
En le faisant, je suis consciente que je ne vais pas me faire que des amies, c’est un sujet qui déchaîne les passions et même un certain militantisme.
Je vais vous parler d’allaitement et plus précisement d’un point plus précis dont on parle peu (et qui touche beaucoup de femmes selon plusieurs médecins que j’ai pu voir) et que j’appellerais avec toutes les guillemets possible « L’esclavage par l’allaitement ».
Je vais vous parler de cet allaitement qui n’est plus vraiment désiré par la mère, qui l’insupporte presque tellement elle est persuadée d’être devenue la vache à lait d’un enfant qui ne réclame que ça, qui ne veut que ça.
D’un allaitement qui l’empêche d’avoir une vie sociale normale, qui l’empêche même de reprendre le travail car son bébé ne veut pas de biberons.
Ça m’est arrivé à moi, c’est aussi arrivé à d’autres.
Mon allaitement se passait hyper bien, mon fils était goulu, il voulait tout le temps boire, ça ne me dérangeait pas, j’étais à la maison et j’étais, on peut le dire à sa disposition.
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Puis je dois le dire que voir un bébé grandir grâce à son lait, c'est très gratifiant et grisant à la fois.
J’avais suivi à la lettre les conseils des pros de l’allaitement, refroidie par l’allaitement râté de ma fille que j’avais dû stopper au bout d’un mois. Je ne lui avais pas donné de biberons à sa naissance pour qu’il s’habitue bien au sein.
Je me souviens qu’il est né en pleine canicule de 2003 et que je lui donnais parfois de l’eau à la cuillère.
J’avais tellement envie que ça réussisse. Venant d’une famille de grand allergiques, j’avais été bercée par ces promesses d’une meilleure immunité pour mon bébé.
Je peux vous le dire aujourd’hui, le seul de mes 4 enfants qui fait de l’asthme et de l’eczéma, c’est celui que j’ai allaité.
Puis un jour, la reprise du travail s’est rapprochée. J’ai voulu le passer au biberon. J’ai acheté toute la panoplie, le tire lait, les biberons Avent.
J’ai tiré mon lait patiemment, je lui ai donné dans un biberon.
Il n’a jamais voulu le boire.
On m’a dit « Sortez de la pièce et laissez faire votre mari » Il n’a jamais voulu boire. On m’a conseillé de la laisser une journée entière à la nounou, il finirait bien par boire.
Elle m’a appelé paniquée en milieu d’après midi (alors qu’elle était nounou depuis 20 ans) il hurlait de faim mais ne voulait pas boire.
Je ne comprenais pas, ce n’était pas comme on m’avait dit. Je voyais la date de la reprise du travail approcher et je ne pouvais pas laisser mon bébé mourir de faim.
Je n’en dormais plus la nuit.
Un jour, un médecin consulté pour une autre raison m’a dit qu’il avait déjà vu des cas comme ça, des bébés qui ne voulaient pas de biberons.
Que ce n’était pas rare et qu’il n’y avait rien à faire à part attendre. Attendre qu’il mange à la cuillère pour enfin reprendre le travail.
J’ai dû prendre un congé parental de 6 mois pour qu’enfin mon fils puisse se nourrir différemment. Et j’ai repris le boulot.
En allaitant toujours car il ne prenait toujours pas de biberons, je vous le rappelle. Il mangeait à la cuillère, buvait au verre (à 8 mois, très fort) mais pas de biberons.
Je le nourrissais donc le matin, le soir en rentrant et la nuit...
Car parlons en des nuits, il était tellement en demande permanente de sa ration qu’il réclamait 2-3 fois par nuit alors que je me levais et que je bossais le lendemain.
J’étais complétement KO....
Je ne sais pas combien de temps j’aurais continué à l’allaiter jusqu’au jour où je n’ai eu d’autre choix que d’arrêter car je n’en pouvais plus.
Ma santé était en jeu. J’ai dû arrêter brusquement sur avis médical et mon fils l’a très mal vécu.
Et là a commencé la valse des nuits sans sommeil avec mon pauvre bébé qui ne comprenait pas pourquoi il ne pouvait plus boire.
Il en est resté un sommeil hachuré, très agité.
Mon fils a fait ses nuits à 4 ans bien tassé, il avait ses  2 petits frères qui avaient 23 mois de moins que lui qui faisaient leurs nuits avant lui!
J’ai sûrement loupé un truc, j’ai peut être trop voulu bien faire, trop voulu réussir cet allaitement.
Tellement qu’à la fin, il était devenu une véritable sacrifice pour moi.Mais je voulais surtout vous dire qu’il ne faut pas croire tout ce qu’on vous dit.
Que l’allaitement protège des allergies, de l’asthme, de l’eczéma. Qu’un enfant ne se laissera jamais mourir de faim, qu’il finira toujours par manger.
Ce n’est pas forcément vrai, mon fils en est la preuve.
Je ne sais pas comment conclure cet article. Ce n'est pas un article contre l'allaitement, vraiment pas. C'est juste une autre vision des choses, une expérience différente que je trouve importante de partager.